Perdre quelques cheveux chaque jour est un phénomène normal. La chevelure se renouvelle en permanence et chaque follicule alterne naturellement des périodes de croissance, de repos puis de chute.
Une perte de cheveux devient préoccupante lorsqu’elle est plus abondante que d’habitude, se prolonge, laisse apparaître le cuir chevelu ou s’accompagne de plaques, de démangeaisons, de rougeurs ou de douleurs.
La chute peut être brutale ou progressive. Elle peut concerner l’ensemble du cuir chevelu, seulement certaines zones, ou suivre une répartition caractéristique au niveau des tempes, de la ligne frontale ou du sommet du crâne.
Les causes sont nombreuses : prédisposition génétique, bouleversement hormonal, accouchement, maladie, fièvre, stress physiologique important, perte de poids rapide, carence en fer, trouble thyroïdien, médicament ou maladie inflammatoire du cuir chevelu.
Il n’existe donc pas un traitement unique valable pour toutes les chutes de cheveux. La priorité est d’identifier le mécanisme en cause avant de choisir une lotion, un complément alimentaire ou un traitement médical.
📌 L’essentiel à retenir
- Une certaine perte quotidienne de cheveux est physiologique.
- Une chute plus intense pendant plusieurs semaines peut avoir de nombreuses causes.
- L’alopécie androgénétique évolue généralement de manière progressive et selon une répartition caractéristique.
- Un effluvium télogène apparaît souvent quelques semaines à quelques mois après un événement déclencheur.
- Une chute en plaques bien délimitées peut évoquer une pelade, une infection ou une autre affection dermatologique.
- Le bilan dépend de l’âge, du sexe, de la répartition de la chute et des symptômes associés.
- Les compléments alimentaires ne sont utiles qu’en cas d’apports insuffisants ou de carence identifiée.
- Un diagnostic précoce est particulièrement important lorsque l’alopécie risque de devenir cicatricielle.
- Les traitements demandent souvent plusieurs mois avant de produire un résultat visible.
- Une aggravation rapide, un cuir chevelu inflammatoire ou une chute chez l’enfant justifient une consultation.
📊 Les chiffres clés
| Repère | Ce qu’il faut comprendre |
|---|---|
| Plusieurs années | Durée habituelle de la phase de croissance d’un cheveu |
| Quelques mois | Durée approximative de la phase de repos avant la chute |
| Plusieurs semaines à plusieurs mois | Délai possible entre un événement déclencheur et un effluvium télogène |
| 3 à 6 mois | Délai souvent nécessaire avant d’évaluer sérieusement l’effet d’un traitement capillaire |
| Plusieurs causes possibles | Une chute diffuse ne signifie pas automatiquement qu’il existe une carence |
| Diagnostic précoce | Essentiel en cas d’alopécie inflammatoire ou cicatricielle |
Ces repères sont des ordres de grandeur. Le nombre de cheveux perdus varie selon la densité capillaire, la fréquence des shampooings, la longueur des cheveux, la saison et les habitudes de coiffage.
Compter précisément les cheveux retrouvés sur la brosse ou dans la douche est rarement nécessaire. L’évolution de la densité, l’élargissement de la raie et l’apparition de zones clairsemées sont souvent plus informatifs.
Le cycle de vie du cheveu
| Phase | Ce qui se passe |
|---|---|
| Phase anagène | Le cheveu pousse activement pendant plusieurs années |
| Phase catagène | La croissance ralentit pendant une courte phase de transition |
| Phase télogène | Le follicule entre en période de repos |
| Phase exogène | Le cheveu se détache avant le début d’un nouveau cycle |
Chaque follicule suit son propre rythme. C’est pourquoi tous les cheveux ne tombent pas au même moment.
Chapitre 1 — Comprendre la perte de cheveux
Qu’est-ce qu’une alopécie ?
Le terme médical « alopécie » désigne une perte anormale de cheveux ou de poils. Elle peut être partielle ou complète, temporaire ou durable, diffuse ou localisée.
Toutes les alopécies ne détruisent pas le follicule pileux.
Dans les formes non cicatricielles, le follicule reste généralement présent. Une repousse peut donc être possible, spontanément ou après traitement de la cause.
Dans les formes cicatricielles, une inflammation détruit progressivement les follicules, qui sont remplacés par du tissu cicatriciel. La perte peut alors devenir définitive sur les zones touchées.
Cette distinction explique pourquoi certaines chutes peuvent être surveillées pendant quelque temps, tandis que d’autres nécessitent un diagnostic dermatologique rapide.
Comment pousse un cheveu ?
Un cheveu ne pousse pas continuellement pendant toute la vie. Chaque follicule suit son propre cycle, indépendamment des follicules voisins.
La phase de croissance, appelée phase anagène, est la plus longue. Le cheveu s’allonge progressivement à partir du follicule.
Une courte phase de transition lui succède. Le follicule réduit alors son activité.
Vient ensuite la phase télogène, une période de repos pendant laquelle le cheveu reste temporairement en place avant de se détacher.
Un nouveau cycle peut ensuite commencer. Un nouveau cheveu pousse à partir du follicule et remplace progressivement celui qui est tombé.
Chez une personne en bonne santé, tous les cheveux ne se trouvent pas au même stade au même moment. C’est ce décalage qui permet de conserver une chevelure relativement stable malgré le renouvellement permanent.
Pourquoi une chute peut-elle apparaître avec retard ?
Certaines agressions de l’organisme font entrer prématurément de nombreux follicules en phase de repos. Les cheveux concernés ne tombent pas immédiatement.
La chute devient généralement visible plusieurs semaines à quelques mois après l’événement déclencheur. Il peut donc être difficile de faire spontanément le lien avec une maladie ancienne, un accouchement, une opération ou une période de restriction alimentaire.
Ce mécanisme correspond souvent à un effluvium télogène.
Il explique également pourquoi la chute peut continuer quelque temps alors que l’événement déclencheur est déjà terminé.
Chute, casse ou diminution de densité ?
Ces situations sont souvent confondues, mais elles ne relèvent pas des mêmes mécanismes.
Une véritable chute correspond au détachement du cheveu au niveau du follicule. Le cheveu retrouvé est généralement entier.
La casse concerne la tige capillaire. Les cheveux se rompent à différentes hauteurs, deviennent irréguliers et donnent un aspect moins dense sans augmentation réelle du nombre de follicules au repos.
La casse est favorisée par les décolorations répétées, les traitements chimiques, la chaleur excessive, les coiffures très serrées, les frottements et certains troubles de la tige pilaire.
Enfin, une miniaturisation progressive peut rendre les cheveux de plus en plus fins. Ils couvrent moins bien le cuir chevelu, même si la chute quotidienne ne paraît pas spectaculaire.
C’est notamment ce qui se produit dans l’alopécie androgénétique.
| Situation | Aspect fréquent | Orientation possible |
|---|---|---|
| Cheveux entiers retrouvés en quantité | Chute depuis la racine | Effluvium, alopécie androgénétique ou autre cause |
| Cheveux courts et de longueurs inégales | Tiges cassées | Fragilisation mécanique ou chimique |
| Raie qui s’élargit progressivement | Diminution de densité | Miniaturisation des follicules |
| Plaque lisse sans cheveux | Chute localisée | Pelade ou autre alopécie localisée |
| Zone rouge, squameuse ou douloureuse | Atteinte du cuir chevelu | Inflammation, infection ou alopécie cicatricielle |
Chapitre 2 — Les principales causes de perte de cheveux
L’alopécie androgénétique
L’alopécie androgénétique est l’une des causes les plus fréquentes de diminution progressive de la densité capillaire.
Elle associe une prédisposition génétique, l’action des androgènes sur certains follicules et le vieillissement naturel du cheveu.
Chez l’homme, elle débute souvent par un recul des golfes temporaux, une modification de la ligne frontale ou un éclaircissement au niveau du vertex, c’est-à-dire le sommet du crâne.
Chez la femme, elle provoque plus souvent un élargissement progressif de la raie et une diminution diffuse de la densité sur le dessus du crâne. La ligne frontale peut rester relativement conservée.
Les follicules sensibles produisent peu à peu des cheveux plus courts, plus fins et moins pigmentés. Ce phénomène est appelé miniaturisation.
L’évolution est généralement lente. Elle peut commencer tôt ou devenir plus visible avec l’âge, après une grossesse, lors de la ménopause ou à l’occasion d’un effluvium associé.
L’alopécie androgénétique ne doit cependant pas être diagnostiquée uniquement sur la présence d’antécédents familiaux. D’autres causes peuvent coexister et aggraver la chute.
L’effluvium télogène aigu
L’effluvium télogène est une chute diffuse provoquée par le passage prématuré d’un grand nombre de follicules en phase de repos.
La densité diminue de manière relativement homogène. La chute est souvent impressionnante au shampooing, au coiffage ou sur l’oreiller, mais le cuir chevelu reste habituellement d’aspect normal.
Parmi les événements déclencheurs fréquents figurent :
- une infection accompagnée de fièvre ;
- une opération chirurgicale ;
- une hospitalisation ;
- un accouchement ;
- un stress physiologique important ;
- une perte de poids rapide ;
- une alimentation très restrictive ;
- une carence en fer ;
- un trouble thyroïdien ;
- l’introduction, la modification ou l’arrêt de certains médicaments.
L’événement déclencheur précède souvent la chute de deux à trois mois. Il peut parfois être oublié au moment de la consultation.
Lorsque la cause est ponctuelle et corrigée, le cycle pilaire se rééquilibre généralement progressivement. La repousse demande cependant du temps, car les nouveaux cheveux doivent recommencer leur phase de croissance.
La chute de cheveux après l’accouchement
Pendant la grossesse, les variations hormonales prolongent la phase de croissance d’un grand nombre de cheveux. La chevelure peut paraître plus dense.
Après l’accouchement, ces cheveux passent plus massivement en phase de repos, puis tombent avec un décalage de quelques semaines à quelques mois.
Cette chute, appelée effluvium post-partum, peut être abondante mais elle est le plus souvent transitoire.
Elle ne signifie pas que l’allaitement « vide » l’organisme ou détruit les cheveux. L’allaitement n’est pas, à lui seul, la cause du phénomène.
Une consultation est néanmoins utile lorsque la chute est très prolongée, s’accompagne d’une fatigue importante ou lorsqu’une anémie, une carence en fer ou un trouble thyroïdien est suspecté.
L’effluvium télogène chronique
Lorsque la chute diffuse persiste ou récidive pendant plusieurs mois, on parle parfois d’effluvium télogène chronique.
Plusieurs situations doivent alors être recherchées :
- une carence martiale persistante ;
- des règles très abondantes ;
- une restriction alimentaire prolongée ;
- une maladie chronique ;
- un trouble de la thyroïde ;
- une prise médicamenteuse ;
- une inflammation ;
- une alopécie androgénétique associée.
Chez certaines personnes, aucune cause unique n’est identifiée malgré un bilan adapté.
Le diagnostic repose sur l’histoire de la chute, l’examen du cuir chevelu et, si nécessaire, des analyses biologiques ciblées.
La pelade
La pelade est une maladie inflammatoire dans laquelle le système immunitaire s’attaque temporairement aux follicules pileux.
Elle se manifeste classiquement par une ou plusieurs plaques arrondies, bien délimitées et dépourvues de cheveux. La peau paraît souvent lisse, sans cicatrice visible.
Elle peut toucher le cuir chevelu, la barbe, les sourcils, les cils ou d’autres zones pileuses.
Certaines formes restent limitées, tandis que d’autres deviennent plus étendues. L’évolution est imprévisible : une repousse spontanée est possible, mais des récidives peuvent survenir.
Des modifications des ongles peuvent parfois être associées.
Une chute en plaques doit être examinée par un médecin ou un dermatologue. D’autres affections, notamment infectieuses ou cicatricielles, peuvent donner un aspect voisin.
Les alopécies cicatricielles
Les alopécies cicatricielles regroupent plusieurs maladies inflammatoires rares qui détruisent progressivement les follicules pileux.
Elles peuvent se manifester par :
- des zones lisses où les orifices des follicules ne sont plus visibles ;
- des rougeurs autour des cheveux ;
- des squames ;
- des croûtes ;
- des démangeaisons ;
- des brûlures ;
- une sensibilité ou une douleur du cuir chevelu.
La perte déjà constituée peut être définitive lorsque les follicules sont détruits.
Le traitement vise surtout à stopper l’inflammation et à éviter l’extension des lésions. Une consultation dermatologique rapide est donc essentielle.
L’alopécie de traction
L’alopécie de traction résulte de tensions répétées exercées sur les cheveux.
Elle peut être favorisée par :
- les tresses très serrées ;
- les extensions ;
- les chignons fortement tirés ;
- les queues-de-cheval serrées ;
- certains accessoires fixés toujours au même endroit ;
- le poids répété de coiffures ou d’ornements capillaires.
Au début, la suppression des tractions permet souvent une récupération.
Lorsque les tensions se prolongent pendant plusieurs années, une inflammation chronique et une destruction définitive des follicules peuvent apparaître.
Les premiers signes sont parfois de petits cheveux cassés, des boutons, une sensibilité ou un recul de la ligne d’implantation.
La prévention repose sur des coiffures moins serrées, une alternance des styles et l’arrêt des pratiques douloureuses.
Les infections du cuir chevelu
Certaines infections, notamment les infections fongiques appelées teignes, peuvent provoquer des plaques de cheveux cassés ou une chute localisée.
Elles peuvent s’accompagner de squames, de démangeaisons, de croûtes ou d’une inflammation.
La teigne touche plus fréquemment l’enfant, mais elle peut également concerner l’adulte.
Elle est contagieuse et nécessite un traitement médical adapté. Un shampooing seul ne suffit généralement pas à traiter l’infection du follicule.
Les personnes vivant sous le même toit peuvent parfois avoir besoin d’un dépistage ou de mesures préventives.
Une chute en plaques avec squames chez un enfant doit donc être évaluée sans attendre.
Les maladies du cuir chevelu
Une dermatite séborrhéique, un psoriasis ou un eczéma du cuir chevelu ne provoquent pas habituellement une destruction définitive des follicules.
Ils peuvent toutefois favoriser une chute temporaire ou une casse lorsque l’inflammation est importante, que les démangeaisons entraînent un grattage répété ou que des squames épaisses adhèrent aux cheveux.
Le traitement de l’affection du cuir chevelu améliore généralement la situation.
Une chute durable ne doit cependant pas être attribuée automatiquement aux pellicules. Plusieurs causes peuvent être présentes simultanément.
Pour approfondir ce sujet, consultez également notre futur guide sur le psoriasis du cuir chevelu et notre article consacré à l’eczéma.
Les carences et les apports nutritionnels insuffisants
Le follicule pileux est un tissu très actif. Il peut être affecté par un apport insuffisant en énergie, en protéines ou en certains micronutriments.
La carence en fer est l’une des anomalies les plus souvent recherchées lors d’une chute diffuse, en particulier chez les personnes ayant des règles abondantes, une alimentation restrictive, des saignements chroniques ou une grossesse récente.
D’autres déficits peuvent être impliqués dans certaines situations, notamment :
- une carence en zinc ;
- un déficit en vitamine D ;
- un déficit en vitamine B12 ;
- un déficit en folates ;
- une carence protéique ;
- une dénutrition globale.
Cependant, une chute de cheveux ne prouve pas l’existence d’une carence.
Prendre plusieurs vitamines ou minéraux sans évaluation peut être inutile et parfois exposer à des apports excessifs.
Certains excès, notamment en vitamine A, en sélénium ou dans certains compléments fortement dosés, peuvent eux-mêmes favoriser une chute de cheveux.
La supplémentation doit donc être guidée par le contexte alimentaire, les symptômes, les facteurs de risque et, lorsque cela est pertinent, un bilan biologique.
Les variations hormonales
Les changements hormonaux peuvent influencer le cycle pilaire et révéler une prédisposition à l’alopécie.
Après un accouchement, la chute est le plus souvent liée à un effluvium télogène transitoire. À la ménopause, la diminution de l’imprégnation œstrogénique peut rendre plus visible une alopécie androgénétique jusque-là discrète.
Chez la femme, une chute de cheveux associée à des règles irrégulières, une acné persistante, une augmentation de la pilosité du visage ou une prise de poids inexpliquée peut orienter vers un trouble hormonal.
Un syndrome des ovaires polykystiques ou, plus rarement, une autre cause d’excès d’androgènes peut alors être recherché.
Une chute isolée ne justifie cependant pas systématiquement un bilan hormonal complet. Les examens sont choisis selon les symptômes, l’âge, les antécédents et l’examen clinique.
Les troubles de la thyroïde
La thyroïde participe à la régulation de nombreux processus métaboliques, dont le fonctionnement des follicules pileux.
Une hypothyroïdie comme une hyperthyroïdie peut être associée à une chute diffuse. D’autres signes peuvent être présents :
- une fatigue inhabituelle ;
- une variation inexpliquée du poids ;
- une sensibilité excessive au froid ou à la chaleur ;
- des palpitations ;
- une constipation ou une accélération du transit ;
- une peau plus sèche ;
- une modification du cycle menstruel.
Ces symptômes ne sont pas spécifiques. Un dosage de la thyréostimuline, ou TSH, peut être proposé par le médecin lorsque le contexte le justifie.
La correction d’un trouble thyroïdien améliore généralement la chute, mais la récupération capillaire reste progressive.
Les maladies générales et inflammatoires
Certaines maladies aiguës ou chroniques peuvent perturber le cycle des cheveux.
Une infection importante, une forte fièvre, une intervention chirurgicale ou une maladie inflammatoire peut provoquer un effluvium télogène avec un décalage de plusieurs semaines.
Des maladies auto-immunes peuvent également être associées à différents types d’alopécie.
Dans le lupus, par exemple, une chute diffuse peut survenir pendant une poussée. Certaines lésions inflammatoires du cuir chevelu peuvent aussi entraîner une alopécie cicatricielle.
Une maladie intestinale chronique, une maladie rénale, une maladie hépatique, un cancer ou une affection entraînant une dénutrition peuvent également altérer la qualité des cheveux.
La chute n’est alors qu’un élément parmi d’autres. Le traitement repose avant tout sur la prise en charge de la maladie sous-jacente.
Les médicaments
De nombreux médicaments peuvent être associés à une chute de cheveux, mais cet effet reste très variable selon la molécule, la dose et la sensibilité individuelle.
Certains traitements provoquent un effluvium télogène. La chute apparaît alors souvent plusieurs semaines ou plusieurs mois après leur introduction.
D’autres traitements, notamment certaines chimiothérapies, interrompent brutalement la multiplication des cellules du follicule. La chute peut alors être plus rapide et plus importante.
Parmi les familles pouvant parfois être impliquées figurent notamment :
- certains anticoagulants ;
- certains traitements de la thyroïde ;
- certains rétinoïdes ;
- certains anticonvulsivants ;
- certains traitements antihypertenseurs ;
- certains traitements hormonaux ;
- certains immunosuppresseurs ;
- certaines chimiothérapies ;
- certains médicaments utilisés en psychiatrie.
Cette liste n’est pas exhaustive et ne signifie pas que chaque médicament de ces familles provoque systématiquement une chute.
Il ne faut jamais interrompre seul un traitement prescrit. Un arrêt brutal pourrait être plus dangereux que l’effet indésirable suspecté.
Le médecin ou le pharmacien peut vérifier la chronologie, rechercher d’autres causes et déterminer si une adaptation est possible.
Les régimes restrictifs et la perte de poids rapide
Les régimes très restrictifs constituent une cause fréquente et sous-estimée de chute diffuse.
Le follicule pileux n’est pas prioritaire pour l’organisme. Lorsque l’apport énergétique ou protéique devient insuffisant, les ressources disponibles sont dirigées vers les fonctions vitales.
Une chute peut ainsi apparaître après :
- une perte de poids rapide ;
- un jeûne prolongé ou répété ;
- une alimentation très pauvre en protéines ;
- l’exclusion de nombreux groupes alimentaires ;
- une chirurgie bariatrique ;
- des vomissements répétés ;
- un trouble du comportement alimentaire.
La chute apparaît généralement avec retard. La personne peut donc avoir repris une alimentation plus équilibrée au moment où elle commence à perdre ses cheveux.
La reprise d’une alimentation adaptée est essentielle, mais la repousse n’est pas immédiate. Plusieurs mois peuvent être nécessaires pour retrouver une densité satisfaisante.
Le stress : une cause réelle, mais souvent simplifiée
Le mot « stress » est fréquemment utilisé pour expliquer toute chute de cheveux. Cette explication doit être nuancée.
Un stress physiologique intense, comme une maladie, une opération, un accouchement, un traumatisme ou une restriction alimentaire importante, peut réellement déclencher un effluvium télogène.
Un stress psychologique majeur ou prolongé peut également contribuer à une chute chez certaines personnes, notamment en perturbant le sommeil, l’alimentation ou les comportements de soin.
Cependant, attribuer trop rapidement une alopécie au stress peut retarder la recherche d’une carence, d’une maladie thyroïdienne, d’une alopécie androgénétique ou d’une affection inflammatoire.
Le stress peut donc être un facteur déclenchant ou aggravant, mais il ne doit pas devenir un diagnostic par défaut.
Les pratiques capillaires agressives
Les cheveux peuvent perdre leur résistance sous l’effet d’agressions répétées.
Les décolorations, les défrisages, les permanentes, les lissages chimiques et l’utilisation fréquente d’appareils très chauds altèrent surtout la tige capillaire.
Le cheveu devient sec, poreux et cassant. Des fragments de différentes longueurs se retrouvent alors sur les vêtements ou dans la brosse.
Cette casse peut donner l’impression d’une chute importante, alors que les follicules continuent de produire des cheveux.
Les coiffures très serrées ajoutent un risque de traction au niveau des racines. Lorsqu’elles sont répétées, elles peuvent provoquer une véritable alopécie.
Un soin cosmétique peut améliorer la souplesse et limiter la casse, mais il ne traite pas une maladie du follicule.
Chapitre 3 — Les symptômes à observer
La manière dont les cheveux tombent apporte des informations importantes sur la cause.
Avant une consultation, il peut être utile d’observer :
- la date approximative de début ;
- la rapidité d’évolution ;
- les zones concernées ;
- l’aspect du cuir chevelu ;
- la présence de cheveux cassés ;
- les symptômes associés ;
- les événements survenus dans les trois à six mois précédents ;
- les médicaments récemment introduits ou modifiés.
Des photographies prises dans les mêmes conditions de lumière, avec la même coiffure et le même angle, permettent souvent de suivre l’évolution plus objectivement.
Une chute diffuse
Dans une chute diffuse, les cheveux semblent tomber sur l’ensemble du cuir chevelu.
La personne remarque souvent davantage de cheveux :
- au fond de la douche ;
- sur la brosse ;
- sur l’oreiller ;
- sur les vêtements ;
- entre les doigts pendant le shampooing.
Ce tableau évoque fréquemment un effluvium télogène, mais il peut aussi correspondre à une alopécie androgénétique diffuse, une carence, un trouble thyroïdien ou un effet médicamenteux.
Une chute diffuse peut être aiguë, chronique ou récidivante.
L’absence de plaque ne signifie donc pas que le bilan est inutile.
Une diminution progressive sur le dessus du crâne
Un élargissement de la raie, une queue-de-cheval moins épaisse ou une visibilité croissante du cuir chevelu peuvent traduire une diminution progressive de la densité.
Chez la femme, cette évolution est compatible avec une alopécie androgénétique féminine.
Chez l’homme, l’éclaircissement peut concerner le sommet du crâne, les golfes temporaux et la région frontale.
La chute quotidienne n’est pas toujours spectaculaire. La modification vient surtout de la miniaturisation progressive des cheveux.
Une prise en charge précoce permet généralement de mieux préserver les follicules encore actifs.
Une chute en plaques
Une ou plusieurs plaques bien délimitées peuvent évoquer :
- une pelade ;
- une teigne ;
- une alopécie de traction ;
- une alopécie cicatricielle ;
- des arrachages répétés des cheveux ;
- plus rarement, une autre maladie dermatologique ou générale.
L’aspect de la peau est déterminant.
Une plaque lisse, sans squames, n’a pas la même signification qu’une zone rouge, croûteuse ou couverte de cheveux cassés.
Il est déconseillé d’appliquer au hasard des lotions irritantes ou des huiles essentielles avant le diagnostic. Elles peuvent aggraver l’inflammation ou modifier l’aspect des lésions.
Des démangeaisons, douleurs ou brûlures
Une alopécie androgénétique simple n’entraîne habituellement pas de douleur importante.
La présence de brûlures, de douleurs, de pustules, de croûtes, de suintements ou de démangeaisons intenses doit faire rechercher une affection du cuir chevelu.
Ces signes peuvent être liés à une infection, une dermatose inflammatoire ou une alopécie cicatricielle.
Une consultation rapide est particulièrement importante lorsque la zone touchée s’étend ou lorsque la peau paraît lisse et brillante.
Des cheveux qui se cassent
Des cheveux de longueurs irrégulières orientent davantage vers une casse qu’une chute depuis le follicule.
La casse est souvent plus importante sur les zones les plus exposées aux traitements chimiques, à la chaleur ou aux frottements.
Elle peut également être observée lors d’une teigne ou d’un trouble du comportement caractérisé par l’arrachage répété des cheveux.
L’examen rapproché du cuir chevelu permet généralement de distinguer les tiges cassées des zones où les follicules ne produisent plus de cheveux visibles.
Les signes associés à signaler
Certains symptômes peuvent orienter le bilan :
| Signe associé | Cause pouvant être recherchée |
|---|---|
| Fatigue, essoufflement, pâleur | Anémie ou carence en fer |
| Règles abondantes | Perte de fer chronique |
| Perte ou prise de poids inexpliquée | Trouble thyroïdien ou autre maladie |
| Règles irrégulières, acné, pilosité accrue | Excès d’androgènes |
| Diarrhée chronique, douleurs digestives | Malabsorption ou maladie digestive |
| Douleurs articulaires, éruptions cutanées | Maladie inflammatoire ou auto-immune |
| Fièvre récente, opération, accouchement | Effluvium télogène |
| Squames et cheveux cassés chez l’enfant | Infection fongique possible |
| Douleur, rougeur, pustules | Inflammation ou infection du cuir chevelu |
Ce tableau aide à comprendre les orientations possibles, mais il ne permet pas d’établir seul un diagnostic.
Chapitre 4 — Le diagnostic de la perte de cheveux
Le diagnostic ne repose pas sur une analyse sanguine unique ni sur le simple comptage des cheveux perdus.
Il commence par un interrogatoire précis et un examen du cuir chevelu.
Le médecin cherche notamment à déterminer :
- si la chute est diffuse ou localisée ;
- si elle est brutale ou progressive ;
- si les follicules semblent encore présents ;
- si les cheveux sont miniaturisés ou cassés ;
- si le cuir chevelu est inflammatoire ;
- si d’autres poils ou les ongles sont atteints ;
- s’il existe un facteur déclenchant identifiable.
Les questions importantes
La chronologie est essentielle.
Le professionnel de santé peut demander :
- quand la chute a commencé ;
- comment elle a évolué ;
- s’il existe des antécédents familiaux ;
- si une maladie, une fièvre ou une opération a précédé la chute ;
- si un accouchement a eu lieu récemment ;
- si le poids a diminué rapidement ;
- si l’alimentation a changé ;
- si les règles sont abondantes ou irrégulières ;
- si un médicament a été introduit ou arrêté ;
- si des coiffures serrées ou des traitements chimiques sont utilisés.
Ces informations permettent souvent de réduire considérablement le nombre d’hypothèses.
L’examen du cuir chevelu
L’examen recherche la répartition de la perte, l’épaisseur des cheveux, la présence de repousses courtes et l’état de la peau.
Le médecin peut observer :
- la ligne frontale ;
- les tempes ;
- le vertex ;
- la largeur de la raie ;
- les régions temporales et occipitales ;
- les sourcils et les cils ;
- les ongles ;
- les autres zones pileuses lorsque cela est nécessaire.
La visibilité des orifices folliculaires aide à distinguer une alopécie non cicatricielle d’une destruction du follicule.
Le test de traction
Le test de traction consiste à saisir doucement une petite mèche de cheveux et à exercer une traction légère.
Lorsque plusieurs cheveux se détachent facilement, le test peut suggérer une chute active.
Son interprétation dépend toutefois de la date du dernier shampooing, de la zone examinée et du contexte.
Il ne suffit pas, à lui seul, pour identifier la cause.
Il est déconseillé de le répéter quotidiennement à domicile, car cela entretient souvent l’anxiété sans apporter d’information fiable.
La dermoscopie ou trichoscopie
La trichoscopie examine le cuir chevelu et les cheveux à l’aide d’un appareil grossissant.
Elle peut montrer :
- une diversité anormale du diamètre des cheveux ;
- une miniaturisation ;
- des cheveux cassés caractéristiques ;
- des anomalies autour des follicules ;
- une diminution ou une disparition des orifices folliculaires ;
- des signes orientant vers une pelade, une infection ou une alopécie cicatricielle.
Cet examen est indolore et particulièrement utile en dermatologie.
Il peut également servir à prendre des images de référence pour suivre l’évolution.
Les analyses biologiques
Un bilan sanguin n’est pas automatiquement nécessaire pour toute chute de cheveux.
Il peut être proposé en présence d’une chute diffuse, d’une fatigue, de règles abondantes, d’un régime restrictif, d’une perte de poids ou de symptômes évocateurs.
Selon le contexte, le médecin peut notamment demander :
- une numération formule sanguine ;
- un dosage de la ferritine ;
- un bilan thyroïdien ;
- un dosage de certaines vitamines ;
- un dosage du zinc dans des situations particulières ;
- un bilan hormonal en présence de signes d’hyperandrogénie ;
- des examens complémentaires orientés par les symptômes.
Multiplier les dosages sans indication n’améliore pas nécessairement le diagnostic.
Une valeur biologique doit toujours être interprétée avec l’histoire clinique, l’alimentation, les traitements et les éventuels signes inflammatoires.
La biopsie du cuir chevelu
Une biopsie n’est pas nécessaire dans la majorité des chutes de cheveux.
Elle peut être proposée lorsque le diagnostic reste incertain, en particulier si une alopécie cicatricielle est suspectée.
Le dermatologue prélève alors un très petit fragment de peau sous anesthésie locale.
L’analyse permet d’étudier les follicules, leur nombre, leur structure et la nature de l’inflammation.
Le prélèvement est idéalement réalisé sur une zone encore active, et non au centre d’une plaque ancienne totalement cicatricielle.
Chapitre 5 — Les traitements de la perte de cheveux
Le traitement dépend entièrement du diagnostic.
Une lotion stimulant la croissance ne corrige pas une carence en fer, ne traite pas une teigne et ne suffit pas à contrôler une alopécie cicatricielle.
Inversement, une supplémentation en vitamines n’arrête pas une alopécie androgénétique en l’absence de déficit.
La stratégie peut associer :
- la correction d’un facteur déclenchant ;
- le traitement d’une maladie du cuir chevelu ;
- un traitement stimulant la croissance ;
- un traitement agissant sur les mécanismes hormonaux ;
- une prise en charge anti-inflammatoire ;
- des mesures capillaires protectrices ;
- un soutien psychologique lorsque le retentissement est important.
Traiter la cause lorsqu’elle est identifiable
Lors d’un effluvium télogène, la première étape consiste à corriger le facteur déclenchant encore présent.
Il peut s’agir de :
- traiter une carence démontrée ;
- rééquilibrer l’alimentation ;
- stabiliser un trouble thyroïdien ;
- prendre en charge une maladie inflammatoire ;
- discuter un médicament suspect avec le prescripteur ;
- réduire les tractions ou les agressions capillaires.
Lorsque l’événement est déjà terminé, comme après une infection ou une opération, aucun traitement ne peut accélérer instantanément le cycle naturel.
La repousse se fait progressivement. Les premiers cheveux courts peuvent apparaître avant que la densité globale redevienne perceptible.
Le minoxidil local
Le minoxidil appliqué sur le cuir chevelu est l’un des principaux traitements de l’alopécie androgénétique chez l’homme et chez la femme.
Il peut ralentir la perte et stimuler partiellement la croissance de certains follicules encore actifs.
Son efficacité varie selon les personnes. Il fonctionne généralement mieux lorsque la prise en charge commence avant une miniaturisation très avancée.
Le produit doit être appliqué régulièrement sur un cuir chevelu sec, en respectant la quantité et la fréquence prévues par la notice ou la prescription.
Mettre davantage de produit n’améliore pas les résultats et augmente le risque d’effets indésirables.
Les premiers effets ne sont pas immédiats. Plusieurs mois d’utilisation régulière sont nécessaires avant une évaluation sérieuse.
Une augmentation transitoire de la chute peut parfois survenir au début. Elle correspond au renouvellement de certains cheveux en phase de repos et ne signifie pas nécessairement que le traitement aggrave l’alopécie.
L’effet se maintient uniquement tant que le traitement est poursuivi. Après l’arrêt, le bénéfice diminue progressivement et l’évolution naturelle de l’alopécie reprend.
Les précautions avec le minoxidil
Le minoxidil local peut provoquer :
- une irritation ;
- des rougeurs ;
- des démangeaisons ;
- une sécheresse ;
- des squames ;
- une sensation de brûlure ;
- une pousse de poils indésirables sur le visage en cas de contact répété.
Il faut se laver les mains après l’application et éviter que le produit coule sur le front ou les tempes.
Le minoxidil ne doit pas être appliqué sur un cuir chevelu très irrité, infecté, douloureux ou présentant des lésions sans avis médical.
Des palpitations, un malaise, des vertiges, une douleur thoracique, un gonflement des mains ou des pieds, ou une baisse de tension imposent l’arrêt du produit et un avis médical rapide.
Son utilisation pendant la grossesse ou l’allaitement doit être évitée sauf indication médicale explicite.
Le choix de la concentration, du rythme d’application et de la forme utilisée dépend du profil du patient et des recommandations du professionnel de santé.
Le finastéride chez l’homme
Le finastéride est un médicament agissant sur la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone, ou DHT.
La DHT joue un rôle central dans la miniaturisation des follicules génétiquement sensibles chez l’homme.
Le finastéride à faible dose peut être prescrit dans certains stades précoces ou modérés de l’alopécie androgénétique masculine.
Il vise principalement à stabiliser la chute. Une amélioration de la densité est possible chez certains patients, mais elle n’est ni immédiate ni garantie.
L’efficacité doit être réévaluée après plusieurs mois de traitement.
Comme pour le minoxidil, le bénéfice s’estompe progressivement après l’arrêt.
Le diagnostic d’alopécie androgénétique doit être confirmé avant sa prescription. Le finastéride n’est pas adapté aux chutes diffuses d’une autre origine, aux pelades ou aux alopécies cicatricielles.
Les risques et précautions du finastéride
Avant de commencer le traitement, le patient doit recevoir une information claire sur ses bénéfices attendus, ses limites et ses risques.
Des effets indésirables sexuels peuvent survenir, notamment :
- une baisse de la libido ;
- des troubles de l’érection ;
- des troubles de l’éjaculation ;
- une diminution du volume de l’éjaculat.
Des troubles de l’humeur, une dépression et des idées suicidaires ont également été rapportés.
Toute modification inhabituelle de l’humeur, apparition d’idées noires ou symptôme psychiatrique impose de contacter rapidement un médecin. En cas d’idées suicidaires, une aide médicale urgente est nécessaire.
Certains troubles sexuels ou psychiatriques peuvent persister après l’arrêt chez certains patients, ce qui justifie une décision individualisée et une surveillance attentive.
Le patient doit signaler ses antécédents de dépression, d’idées suicidaires ou de troubles sexuels avant le traitement.
Le finastéride est contre-indiqué chez la femme enceinte et n’est pas indiqué pour traiter l’alopécie féminine dans son utilisation habituelle en France.
Les comprimés cassés ou écrasés ne doivent pas être manipulés par une femme enceinte ou susceptible de l’être en raison du risque pour un fœtus masculin.
Que faire avant et pendant un traitement par finastéride ?
Avant le traitement, il est utile de :
- confirmer le diagnostic ;
- rechercher les antécédents psychiatriques ;
- rechercher d’éventuels troubles sexuels préexistants ;
- discuter précisément des bénéfices attendus ;
- prendre des photographies de référence ;
- prévoir un suivi médical.
Pendant le traitement, toute modification de l’humeur ou de la fonction sexuelle doit être signalée.
Le patient ne doit pas poursuivre silencieusement un traitement mal toléré par peur de perdre ses cheveux.
La décision de continuer, d’interrompre ou de modifier la prise en charge appartient au patient et au prescripteur après réévaluation du rapport entre bénéfices et risques.
Le finastéride local
Une forme de finastéride en solution pour application cutanée peut être proposée sur prescription dans certaines situations.
L’objectif est d’agir au niveau du cuir chevelu tout en réduisant l’exposition générale par rapport à une prise orale.
Une absorption systémique reste néanmoins possible.
Les précautions concernant les troubles sexuels, l’humeur, la grossesse et la manipulation doivent donc être expliquées et respectées.
Une forme locale ne doit pas être considérée comme totalement dépourvue de risques.
Le choix entre traitement local, traitement oral ou absence de traitement dépend de l’âge, de l’étendue de l’alopécie, des antécédents et des préférences du patient.
Les traitements de l’alopécie androgénétique chez la femme
Chez la femme, le minoxidil local constitue généralement le traitement médical de référence lorsque le diagnostic d’alopécie androgénétique est retenu.
Avant le traitement, il faut rechercher les facteurs susceptibles d’aggraver la perte :
- une carence en fer ;
- un trouble thyroïdien ;
- une restriction alimentaire ;
- une perte de poids récente ;
- une période post-partum ;
- un médicament ;
- un excès d’androgènes.
Lorsqu’il existe des signes d’hyperandrogénie, une prise en charge gynécologique ou endocrinologique peut être nécessaire.
Certains traitements hormonaux ou antiandrogènes peuvent être envisagés par un spécialiste dans des situations sélectionnées.
Ils nécessitent une évaluation des contre-indications, une contraception adaptée lorsque cela est requis et une surveillance médicale.
Ils ne doivent jamais être utilisés en automédication ou à partir d’une ordonnance destinée à une autre personne.
Le traitement de la pelade
La prise en charge de la pelade dépend de l’âge, de l’ancienneté des plaques, de leur étendue, de la vitesse d’évolution et du retentissement psychologique.
Une repousse spontanée est possible, en particulier lorsque les plaques sont peu nombreuses et récentes. Cette possibilité ne permet toutefois pas de prévoir l’évolution individuelle.
Le traitement vise à réduire l’activité inflammatoire autour des follicules et à favoriser la repousse.
Dans les formes localisées, le dermatologue peut proposer des dermocorticoïdes appliqués sur les plaques.
Chez l’adulte, des injections de corticoïdes directement dans les zones atteintes peuvent également être envisagées lorsque la pelade est limitée.
Ces injections doivent être réalisées par un professionnel formé. Elles peuvent provoquer une douleur, une modification de la pigmentation ou un amincissement localisé de la peau.
Dans les formes plus étendues, récidivantes ou sévères, d’autres traitements dermatologiques peuvent être discutés.
Ils comprennent notamment :
- certaines immunothérapies locales ;
- des traitements immunomodulateurs ;
- des traitements systémiques dans les formes sévères ;
- des médicaments ciblant certaines voies de l’inflammation.
Ces traitements nécessitent une prescription spécialisée, une évaluation du rapport bénéfice-risque et parfois une surveillance biologique.
Le choix dépend notamment de l’âge, des antécédents, des autres traitements et de l’importance de l’atteinte des cheveux, des sourcils ou des cils.
Le minoxidil peut parfois être utilisé en complément pour soutenir la repousse, mais il ne traite pas à lui seul le mécanisme auto-immun de la pelade.
Les compléments alimentaires ne constituent pas un traitement spécifique de la pelade en l’absence de carence.
Peut-on guérir définitivement d’une pelade ?
La pelade évolue de façon imprévisible.
Certaines personnes ne présentent qu’un épisode isolé avec une repousse complète. D’autres connaissent plusieurs récidives au cours de leur vie.
Une repousse ne garantit donc pas l’absence de nouvel épisode.
À l’inverse, une chute importante ne signifie pas nécessairement que les follicules sont détruits. Dans la pelade, ils restent généralement présents et peuvent recommencer à produire des cheveux.
La repousse initiale peut être fine, claire ou blanche, puis se pigmenter progressivement.
Un suivi dermatologique permet d’adapter le traitement à l’évolution réelle plutôt que de multiplier les produits en automédication.
Le soutien psychologique dans la pelade
Le retentissement de la pelade peut être important, même lorsque la surface touchée paraît limitée.
La perte de cheveux, de sourcils ou de cils peut modifier l’image de soi, provoquer une anxiété sociale ou entraîner un évitement de certaines activités.
Chez l’enfant ou l’adolescent, il faut être attentif aux moqueries, au retrait social et à la souffrance scolaire.
Le soutien psychologique fait partie intégrante de la prise en charge lorsqu’il est nécessaire.
Des solutions esthétiques peuvent également être proposées :
- coiffures adaptées ;
- fibres capillaires ;
- prothèses capillaires ;
- maquillage des sourcils ;
- accessoires protégeant le cuir chevelu ;
- faux cils adaptés dans certaines situations.
Ces solutions ne sont pas superficielles. Elles peuvent contribuer de manière importante au bien-être pendant la période de traitement ou de repousse.
Le traitement des alopécies cicatricielles
Les alopécies cicatricielles constituent une urgence diagnostique relative, car les follicules détruits ne peuvent généralement plus repousser.
Le traitement vise principalement à stopper l’inflammation encore active et à préserver les follicules restants.
Selon la maladie identifiée, le dermatologue peut proposer :
- des dermocorticoïdes ;
- des injections locales de corticoïdes ;
- des traitements anti-inflammatoires ;
- des traitements immunomodulateurs ;
- des traitements systémiques ;
- une prise en charge spécifique d’une infection lorsqu’elle est présente.
La stratégie dépend de la forme exacte d’alopécie cicatricielle. Ces maladies regroupent plusieurs diagnostics différents qui ne se traitent pas de la même façon.
Le traitement peut être prolongé et nécessiter des consultations régulières.
Le dermatologue surveille notamment :
- l’extension des zones clairsemées ;
- la rougeur autour des follicules ;
- les squames ;
- les pustules ;
- les démangeaisons ;
- les douleurs ou brûlures ;
- l’apparition de nouvelles zones.
Une diminution des symptômes ne signifie pas toujours que l’inflammation est totalement contrôlée. L’examen clinique et la trichoscopie restent donc importants.
Peut-on réaliser une greffe en cas d’alopécie cicatricielle ?
Une greffe capillaire n’est généralement envisagée que lorsque la maladie est diagnostiquée, stabilisée et inactive depuis suffisamment longtemps.
Greffer des cheveux sur une maladie encore inflammatoire expose à un mauvais résultat et à la destruction des greffons.
L’indication doit être évaluée par un dermatologue connaissant les alopécies cicatricielles, puis par une équipe spécialisée en restauration capillaire.
Même lorsque la maladie paraît stable, le résultat peut être moins prévisible que dans une alopécie androgénétique classique.
La priorité reste donc toujours le contrôle médical de l’inflammation.
Le traitement de la teigne du cuir chevelu
La teigne du cuir chevelu nécessite une consultation médicale.
Contrairement à certaines mycoses superficielles de la peau, elle ne peut généralement pas être guérie par une crème ou un shampooing antifongique utilisé seul.
Le champignon atteint les cheveux et les follicules. Un traitement antifongique par voie orale est donc habituellement nécessaire pendant plusieurs semaines.
Le traitement local peut être associé afin de diminuer la présence du champignon à la surface du cuir chevelu et de limiter la transmission.
La durée du traitement dépend du champignon identifié, de la molécule prescrite et de la réponse clinique.
Une teigne inflammatoire importante peut provoquer une plaque gonflée, douloureuse, couverte de pustules ou de croûtes. Cette forme nécessite une prise en charge rapide afin de limiter le risque de cicatrice.
La famille ou les personnes vivant avec le patient peuvent avoir besoin d’être examinées.
Lorsque l’origine animale est suspectée, l’animal doit être évalué par un vétérinaire.
Il faut également suivre les recommandations médicales concernant :
- les bonnets ;
- les brosses ;
- les peignes ;
- les taies d’oreiller ;
- les serviettes ;
- les accessoires capillaires ;
- le partage de matériel de coiffure.
La désinfection de toute la maison avec des produits agressifs n’est pas systématiquement nécessaire. Les mesures doivent rester adaptées au mode de transmission identifié.
Le traitement de l’alopécie de traction
Le traitement le plus important consiste à arrêter rapidement les tensions exercées sur les follicules.
Il faut éviter :
- les coiffures douloureuses ;
- les tresses trop serrées ;
- les extensions lourdes ;
- les chignons fortement tirés ;
- les queues-de-cheval serrées ;
- les accessoires fixés toujours au même endroit.
Une coiffure ne devrait pas provoquer de douleur, de picotement ni de sensation de traction persistante.
Lorsque l’alopécie est récente, la repousse peut survenir progressivement après l’arrêt des tensions.
En présence de rougeurs, de boutons ou d’inflammation, un traitement médical local peut parfois être proposé.
Lorsque la traction dure depuis plusieurs années, certains follicules peuvent être définitivement détruits. La récupération est alors incomplète.
Le minoxidil peut parfois être discuté pour stimuler les follicules encore vivants, mais il ne remplace pas la suppression des tractions.
Le traitement de la casse capillaire
La casse nécessite surtout de réduire les agressions de la tige.
Il est conseillé de :
- espacer les décolorations ;
- éviter de superposer plusieurs procédés chimiques ;
- diminuer la température des appareils chauffants ;
- utiliser un protecteur thermique ;
- démêler les cheveux sans traction excessive ;
- limiter les frottements répétés ;
- utiliser des soins conditionneurs sur les longueurs ;
- éviter les coiffures trop serrées.
Un shampooing doux nettoie le cuir chevelu mais ne répare pas une fibre profondément endommagée.
Les après-shampooings et soins gainants réduisent les frottements et améliorent temporairement l’aspect du cheveu. Ils ne reconstituent pas définitivement une tige déjà cassée.
La partie endommagée devra progressivement être coupée ou remplacée par une nouvelle pousse.
Une casse très importante, inexpliquée ou présente depuis l’enfance peut justifier un avis dermatologique.
La greffe capillaire
La greffe capillaire consiste à prélever des follicules dans une zone où ils sont relativement résistants à la miniaturisation, puis à les implanter dans les zones clairsemées.
Elle peut être envisagée dans certaines alopécies androgénétiques stabilisées ou suffisamment prévisibles.
La greffe ne crée pas de nouveaux follicules. Elle redistribue un capital folliculaire limité.
La qualité du résultat dépend notamment :
- de la densité de la zone donneuse ;
- de l’étendue de l’alopécie ;
- du diamètre des cheveux ;
- de la couleur des cheveux et de la peau ;
- de l’âge ;
- de la progression probable de la chute ;
- de l’expérience de l’équipe ;
- de la conception de la ligne d’implantation.
Une greffe réalisée trop tôt, sans anticiper l’évolution future, peut donner un résultat artificiel lorsque les cheveux non greffés continuent de tomber.
Le traitement médical peut donc rester utile avant ou après la greffe afin de préserver les cheveux existants.
La chirurgie ne doit pas être proposée sans diagnostic précis.
Elle n’est généralement pas adaptée à une pelade active, à une chute diffuse non expliquée ou à une alopécie cicatricielle non stabilisée.
La micropigmentation du cuir chevelu
La micropigmentation consiste à déposer des pigments dans la peau afin de reproduire visuellement l’apparence de follicules très courts ou de diminuer le contraste entre le cuir chevelu et les cheveux.
Elle ne stimule pas la croissance et ne traite pas la cause de l’alopécie.
Elle peut être intéressante chez certaines personnes ayant les cheveux très courts, une cicatrice de greffe ou une densité réduite.
Le résultat dépend fortement de la qualité du geste, du choix de la teinte et du vieillissement des pigments.
Des retouches peuvent être nécessaires.
Il faut vérifier les conditions d’hygiène, les qualifications du praticien et les pigments utilisés.
La micropigmentation ne doit pas être réalisée sur un cuir chevelu infecté ou inflammatoire.
Les dispositifs lumineux et les lasers de faible intensité
Certains appareils utilisent une lumière rouge ou un laser de faible intensité dans l’objectif de stimuler l’activité folliculaire.
Des études suggèrent un bénéfice possible chez certaines personnes atteintes d’alopécie androgénétique.
Cependant, les résultats restent variables et dépendent du dispositif, de la puissance, de la régularité d’utilisation et de la durée du traitement.
Ces appareils ne remplacent pas le diagnostic ni les traitements dont l’efficacité est mieux établie.
Leur coût peut être élevé et la qualité des produits disponibles est très hétérogène.
Avant un achat, il est utile de vérifier :
- l’indication précise ;
- le statut réglementaire du dispositif ;
- les études réalisées avec le modèle exact ;
- la fréquence d’utilisation ;
- la durée nécessaire ;
- les contre-indications ;
- la politique de remboursement ou de retour.
Un appareil générique présenté comme « laser médical » sans données sur le modèle exact doit susciter de la prudence.
Les injections de plasma riche en plaquettes
Le plasma riche en plaquettes, souvent abrégé PRP, est obtenu à partir du sang du patient puis injecté dans le cuir chevelu.
L’objectif est d’utiliser certains facteurs contenus dans les plaquettes pour stimuler les follicules.
Des études suggèrent une amélioration possible de la densité ou de l’épaisseur des cheveux dans certaines alopécies androgénétiques.
Cependant, les protocoles sont très variables :
- quantité de sang prélevée ;
- méthode de préparation ;
- concentration en plaquettes ;
- nombre d’injections ;
- intervalle entre les séances ;
- traitements associés.
Cette hétérogénéité rend les résultats difficiles à comparer.
Le PRP ne doit pas être présenté comme une guérison garantie.
Il ne traite pas une carence, une teigne, une pelade active étendue ou une alopécie cicatricielle non contrôlée.
Les injections peuvent être douloureuses et provoquer des ecchymoses, un gonflement ou une sensibilité temporaire.
L’acte doit être réalisé dans des conditions médicales et d’asepsie adaptées.
La mésothérapie capillaire
La mésothérapie consiste à injecter de petites quantités de substances dans le cuir chevelu.
Les mélanges proposés peuvent contenir des vitamines, des acides aminés, des médicaments ou d’autres actifs.
Les protocoles sont très variables et les preuves d’efficacité sont insuffisantes pour recommander systématiquement cette pratique dans la chute de cheveux.
La simple présence de vitamines dans une injection ne garantit pas un effet sur la croissance.
Les injections exposent à des risques :
- douleur ;
- saignement ;
- infection ;
- inflammation ;
- allergie ;
- granulome ;
- cicatrice ;
- chute aggravée en cas de réaction locale.
Une préparation injectable non standardisée ou dont la composition exacte n’est pas clairement expliquée doit être évitée.
Les traitements dits « naturels »
De nombreuses huiles végétales, huiles essentielles, poudres, plantes ou lotions sont présentées comme capables d’arrêter la chute.
Certaines peuvent améliorer le confort ou l’aspect cosmétique des cheveux, mais leur efficacité sur les principales alopécies est souvent insuffisamment démontrée.
Naturel ne signifie pas sans risque.
Les huiles essentielles peuvent provoquer :
- une irritation ;
- une allergie ;
- une brûlure ;
- une photosensibilisation ;
- une aggravation d’un cuir chevelu inflammatoire.
Elles peuvent aussi être contre-indiquées chez la femme enceinte, l’enfant, les personnes épileptiques ou asthmatiques selon les substances utilisées.
Les huiles végétales appliquées sur les longueurs peuvent limiter les frottements et améliorer la souplesse. Elles ne corrigent pas une miniaturisation hormonale du follicule.
Un produit naturel ne doit jamais retarder le diagnostic d’une chute en plaques, d’une teigne ou d’une alopécie cicatricielle.
Chapitre 6 — Vitamines, minéraux et molécules : que faut-il réellement prendre ?
Les compléments alimentaires occupent une place importante dans le marché de la chute de cheveux.
Pourtant, leur intérêt dépend surtout de l’existence d’une insuffisance d’apport ou d’une carence.
Chez une personne ayant une alimentation équilibrée et aucun déficit identifié, ajouter de fortes doses de vitamines ne stimule pas nécessairement la pousse.
Certaines supplémentations inutiles peuvent même provoquer des effets indésirables ou aggraver la chute.
Le fer
Le fer est indispensable à la fabrication de l’hémoglobine et au fonctionnement de nombreux tissus.
Une carence en fer peut être associée à une chute diffuse, notamment en cas de :
- règles abondantes ;
- grossesse récente ;
- alimentation pauvre en fer ;
- saignement digestif ;
- don du sang fréquent ;
- maladie digestive ;
- chirurgie bariatrique ;
- restriction alimentaire.
La ferritine est un marqueur utilisé pour évaluer les réserves de fer, mais son interprétation dépend du contexte.
Elle peut notamment augmenter en présence d’une inflammation et masquer partiellement une insuffisance des réserves.
Une supplémentation en fer ne doit pas être commencée au hasard pendant plusieurs mois.
Le fer peut provoquer des nausées, des douleurs abdominales, une constipation, une diarrhée ou des selles foncées.
Un surdosage est toxique, en particulier chez l’enfant.
Il faut donc respecter la dose prescrite et conserver les comprimés hors de portée.
Le zinc
Le zinc intervient dans de nombreuses réactions enzymatiques et dans le fonctionnement de la peau et des follicules.
Une carence importante peut provoquer une chute de cheveux, des lésions cutanées, des troubles de cicatrisation ou une altération du goût.
Elle peut survenir en cas de dénutrition, de malabsorption, de maladie digestive ou de régime très restrictif.
Chez une personne non carencée, les preuves d’un bénéfice capillaire d’une supplémentation systématique restent limitées.
Des doses élevées prises longtemps peuvent provoquer des nausées et entraîner une carence en cuivre.
Le zinc ne doit donc pas être considéré comme un traitement universel de la chute.
La vitamine D
La vitamine D joue un rôle dans l’os, le système immunitaire et plusieurs fonctions cellulaires.
Des taux bas sont parfois observés chez des personnes présentant certaines formes d’alopécie.
Cette association ne prouve pas qu’une supplémentation fasse systématiquement repousser les cheveux.
Un déficit démontré doit être corrigé selon les recommandations médicales, notamment pour la santé osseuse et générale.
Prendre des doses très élevées sans surveillance expose à une hypercalcémie et à des complications rénales ou cardiaques.
La vitamine B12 et les folates
Une carence en vitamine B12 ou en folates peut s’accompagner d’une anémie, d’une fatigue et parfois d’altérations des cheveux.
Le risque de déficit en vitamine B12 est plus élevé chez certaines personnes :
- alimentation végétalienne sans supplémentation adaptée ;
- maladie digestive ;
- chirurgie gastrique ;
- prise prolongée de certains médicaments ;
- âge avancé ;
- malabsorption.
La supplémentation est utile lorsqu’un déficit est identifié ou fortement probable.
Elle n’a pas démontré d’intérêt spécifique sur la croissance capillaire chez une personne dont les apports et les taux sont normaux.
La biotine
La biotine, ou vitamine B8, est souvent mise en avant dans les compléments destinés aux cheveux et aux ongles.
Une véritable carence en biotine est rare.
Elle peut survenir dans certaines maladies génétiques, lors de situations particulières de malnutrition ou après une consommation prolongée et importante de blanc d’œuf cru.
En dehors d’une carence, les preuves d’un bénéfice de fortes doses sur la chute de cheveux sont insuffisantes.
La biotine à dose élevée peut surtout perturber de nombreux résultats d’analyses biologiques.
Elle peut notamment fausser certains dosages :
- thyroïdiens ;
- hormonaux ;
- cardiaques ;
- vitaminiques ;
- immunologiques.
Cette interférence peut conduire à un diagnostic erroné ou masquer une urgence médicale.
Il faut signaler toute prise de biotine au médecin, au pharmacien et au laboratoire avant une prise de sang.
Le sélénium
Le sélénium est un oligoélément nécessaire en très petite quantité.
Une carence sévère est rare dans une alimentation diversifiée.
Un excès de sélénium peut provoquer :
- une chute de cheveux ;
- des ongles fragiles ;
- des troubles digestifs ;
- une fatigue ;
- une odeur particulière de l’haleine ;
- des troubles neurologiques dans les intoxications importantes.
Cumuler plusieurs compléments contenant du sélénium augmente le risque de dépassement.
Il faut toujours additionner les apports provenant de tous les produits utilisés.
La vitamine A
La vitamine A participe au fonctionnement de la peau, de la vision et du système immunitaire.
Cependant, un excès chronique peut provoquer une chute de cheveux, une sécheresse cutanée, des maux de tête et d’autres effets toxiques.
Certaines personnes cumulent sans le savoir plusieurs sources :
- multivitamines ;
- compléments pour les cheveux ;
- compléments pour la peau ;
- huile de foie de poisson ;
- traitements contenant des dérivés de la vitamine A.
Les femmes enceintes ou susceptibles de l’être doivent être particulièrement prudentes en raison du risque pour le fœtus.
Les acides aminés soufrés
La kératine du cheveu contient des acides aminés soufrés, notamment la cystéine et la méthionine.
Cette réalité biologique est souvent utilisée pour promouvoir des compléments capillaires.
Cependant, chez une personne ayant un apport protéique suffisant, prendre davantage d’acides aminés ne garantit pas une meilleure croissance.
L’organisme ne dirige pas automatiquement les nutriments supplémentaires vers les cheveux.
L’intérêt est surtout plausible en cas d’apport protéique insuffisant, situation qui nécessite une correction alimentaire globale plutôt qu’un simple complément isolé.
Le collagène
Le collagène est une protéine importante pour la peau et les tissus conjonctifs, mais la tige capillaire est principalement constituée de kératine.
Les peptides de collagène sont digérés en acides aminés et petits peptides. Ils ne se transforment pas directement en cheveux.
Les preuves d’un effet spécifique sur la chute de cheveux restent limitées.
Un complément de collagène ne traite pas une alopécie androgénétique, une pelade ou une carence en fer.
Les protéines
Un apport protéique insuffisant peut favoriser un effluvium télogène.
Cela concerne notamment les régimes très restrictifs, la dénutrition, certains troubles digestifs et certaines chirurgies bariatriques.
Les besoins dépendent du poids, de l’âge, de l’activité physique, de la grossesse, des maladies et de l’état nutritionnel.
Une alimentation variée peut fournir des protéines à partir de sources animales ou végétales :
- œufs ;
- poissons ;
- viandes ;
- produits laitiers ;
- légumineuses ;
- soja ;
- céréales associées à des légumineuses ;
- fruits à coque.
Les poudres protéinées ne sont pas nécessaires chez toutes les personnes.
Elles peuvent être utiles dans certaines situations, mais doivent s’intégrer à une alimentation globale et tenir compte des éventuelles maladies rénales ou métaboliques.
Pourquoi les compléments « cheveux » déçoivent-ils souvent ?
La chute de cheveux peut continuer plusieurs semaines après la correction de son déclencheur.
Lorsqu’un complément est commencé au moment où la chute atteint naturellement son maximum, l’amélioration ultérieure peut lui être attribuée alors qu’elle correspond au cycle normal de récupération.
À l’inverse, une alopécie androgénétique continue d’évoluer malgré un complément, car son mécanisme principal n’est pas une carence vitaminique.
Les compléments peuvent aussi donner une fausse impression de prise en charge et retarder une consultation.
Avant d’en choisir un, il faut donc se poser quatre questions :
1. La cause de la chute est-elle identifiée ? 2. Existe-t-il un risque réel de carence ? 3. Le produit cumule-t-il plusieurs doses élevées ? 4. Peut-il interagir avec un traitement ou fausser une analyse ?
Le pharmacien peut examiner la composition, repérer les doublons et vérifier la compatibilité avec les médicaments.
Comment évaluer correctement l’efficacité d’un traitement ?
La photographie standardisée est souvent plus utile que l’observation quotidienne.
Il est recommandé de prendre des photos :
- avec la même lumière ;
- à la même distance ;
- avec les cheveux secs ;
- avec la même raie ;
- sans fibres capillaires ;
- sous plusieurs angles ;
- tous les deux ou trois mois plutôt que chaque jour.
Observer ses cheveux quotidiennement favorise l’anxiété et rend les variations normales plus difficiles à interpréter.
L’efficacité doit être évaluée sur plusieurs critères :
- ralentissement de la chute ;
- stabilisation de la densité ;
- apparition de repousses ;
- épaississement des cheveux miniaturisés ;
- évolution des photographies ;
- tolérance du traitement ;
- satisfaction de la personne.
Un traitement peut être utile même s’il ne reconstitue pas totalement la densité initiale, notamment lorsqu’il stabilise une alopécie progressive.
Chapitre 7 — Prévenir la perte de cheveux lorsque c’est possible
Toutes les pertes de cheveux ne peuvent pas être évitées.
Une prédisposition génétique, une pelade ou certaines maladies inflammatoires ne dépendent pas uniquement du mode de vie.
Il est néanmoins possible de réduire plusieurs facteurs aggravants et de protéger les cheveux ainsi que le cuir chevelu.
Adopter une alimentation suffisamment variée
Une alimentation équilibrée apporte généralement les protéines, vitamines et minéraux nécessaires au renouvellement des cheveux.
Il est préférable d’éviter les régimes très restrictifs, les pertes de poids rapides et les exclusions alimentaires non compensées.
Les repas peuvent associer régulièrement :
- une source de protéines ;
- des légumes ;
- des féculents ou céréales ;
- des matières grasses de bonne qualité ;
- des fruits ;
- des sources alimentaires de fer et de zinc.
Une alimentation végétarienne ou végétalienne peut être compatible avec une bonne santé capillaire, à condition que les apports soient correctement organisés.
La vitamine B12 doit notamment être supplémentée dans une alimentation végétalienne selon les recommandations adaptées.
En cas de chirurgie bariatrique, de maladie digestive ou de trouble du comportement alimentaire, un suivi médical et nutritionnel est particulièrement important.
Éviter les pertes de poids trop rapides
Une diminution brutale des apports énergétiques peut déclencher un effluvium télogène.
La chute apparaît généralement plusieurs semaines après la perte de poids.
Une stratégie progressive, équilibrée et compatible avec les besoins en protéines limite ce risque.
Les régimes promettant une perte rapide grâce à une alimentation très pauvre en calories exposent aussi à une fatigue, une fonte musculaire et des carences.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide sur la perte de poids durable.
Préserver le cuir chevelu
Un cuir chevelu sain favorise de bonnes conditions de croissance, même s’il ne suffit pas à prévenir toutes les alopécies.
Il est conseillé de consulter lorsque persistent :
- des démangeaisons importantes ;
- des rougeurs ;
- des croûtes ;
- des squames épaisses ;
- des pustules ;
- une douleur ;
- une sensation de brûlure.
Une maladie inflammatoire ou infectieuse doit être traitée de manière adaptée.
Gratter fortement le cuir chevelu, retirer les croûtes avec les ongles ou appliquer des produits irritants peut aggraver les lésions.
Limiter les coiffures en traction
Une coiffure ne doit pas être douloureuse.
Il est préférable d’alterner les coiffures et de réduire la tension exercée sur les tempes, le front et les contours du cuir chevelu.
Les extensions doivent rester légères et ne pas tirer constamment sur les racines.
Des petits cheveux cassés autour de la ligne frontale, une sensibilité ou des boutons peuvent être les premiers signes d’une traction excessive.
À ce stade, modifier rapidement les habitudes peut permettre une récupération.
Réduire les agressions chimiques et thermiques
Les décolorations répétées et les lissages chimiques fragilisent surtout la tige capillaire.
Il est préférable :
- d’espacer les procédés chimiques ;
- d’éviter plusieurs traitements agressifs le même jour ;
- de ne pas appliquer un produit sur un cuir chevelu irrité ;
- de réduire la température des appareils chauffants ;
- de laisser sécher partiellement les cheveux avant le coiffage ;
- d’utiliser des soins conditionneurs sur les longueurs.
Ces mesures ne préviennent pas une alopécie hormonale, mais elles limitent la casse et améliorent l’aspect de la chevelure.
Utiliser un shampooing adapté
Le shampooing sert principalement à nettoyer le cuir chevelu et les cheveux.
Il n’est pas nécessaire d’espacer excessivement les lavages par peur de perdre davantage de cheveux.
Les cheveux retrouvés pendant le shampooing étaient généralement déjà en phase de chute. Le lavage ne crée pas l’effluvium.
La fréquence doit être adaptée à la production de sébum, à l’activité physique, à la texture des cheveux et aux éventuelles maladies du cuir chevelu.
Un shampooing doux peut être utilisé régulièrement.
En cas de dermatite séborrhéique, de psoriasis ou de mycose, un shampooing contenant un actif spécifique peut être recommandé en complément de la prise en charge médicale.
Le lavage fréquent fait-il tomber les cheveux ?
Non, un lavage adapté ne détruit pas les follicules.
Lorsque les cheveux sont lavés moins souvent, ceux qui se sont détachés pendant plusieurs jours sont retrouvés en une seule fois. La quantité observée paraît alors plus importante.
Un lavage trop agressif peut toutefois irriter le cuir chevelu ou fragiliser les longueurs.
Il faut éviter :
- l’eau très chaude ;
- le frottement énergique avec les ongles ;
- les shampooings décapants utilisés sans nécessité ;
- le séchage brutal avec une serviette ;
- la chaleur très forte au sèche-cheveux.
Le shampooing doit être massé doucement avec la pulpe des doigts puis rincé soigneusement.
Le massage du cuir chevelu est-il utile ?
Un massage doux peut être agréable, réduire les tensions et aider à répartir un produit local.
Il n’existe cependant pas de preuve solide qu’un massage seul puisse traiter une alopécie androgénétique, une pelade ou une carence.
Un massage énergique ne « réveille » pas un follicule détruit.
Il doit être évité ou réalisé avec prudence sur un cuir chevelu douloureux, inflammatoire, infecté ou récemment greffé.
Les accessoires rigides ou pointus peuvent provoquer des microtraumatismes.
Protéger le cuir chevelu du soleil
Lorsque les cheveux deviennent clairsemés, le cuir chevelu est davantage exposé aux rayons ultraviolets.
Il est conseillé de porter un chapeau ou une casquette et d’appliquer une protection solaire adaptée sur les zones découvertes.
Cette précaution réduit le risque de coup de soleil et participe à la prévention des lésions cutanées liées au soleil.
Les sprays ou fluides non gras sont souvent plus faciles à utiliser sur un cuir chevelu peu dense.
La protection doit être renouvelée lors d’une exposition prolongée, après la baignade ou en cas de transpiration importante.
Gérer les traitements médicamenteux
Lorsqu’une chute débute après l’introduction d’un médicament, il faut noter :
- la date de début du traitement ;
- la date d’apparition de la chute ;
- les éventuelles modifications de dose ;
- les autres événements survenus pendant la même période.
Ces informations permettent au médecin ou au pharmacien d’évaluer la plausibilité du lien.
Il ne faut pas arrêter un médicament nécessaire sans avis médical.
Selon la situation, le prescripteur peut maintenir le traitement, modifier la dose, proposer une alternative ou rechercher une autre cause.
Prendre en charge les règles abondantes
Des règles très abondantes peuvent entraîner une perte chronique de fer.
Elles doivent être signalées au médecin, surtout en présence de fatigue, de pâleur, d’essoufflement ou de chute diffuse.
Traiter uniquement la carence sans identifier la cause des saignements peut conduire à des récidives.
Une prise en charge gynécologique peut être nécessaire.
Anticiper les périodes à risque
Certaines situations augmentent le risque d’effluvium :
- accouchement ;
- opération ;
- maladie fébrile ;
- hospitalisation ;
- régime sévère ;
- perte de poids rapide ;
- stress physiologique majeur.
Il n’est pas toujours possible d’empêcher la chute retardée.
En revanche, maintenir une alimentation suffisante, corriger les déficits et éviter les compléments multiples non justifiés permet de limiter les facteurs supplémentaires.
Les bons gestes au quotidien
| Geste | Recommandation pratique |
|---|---|
| Shampooing | Laver selon les besoins avec un produit adapté au cuir chevelu |
| Séchage | Tamponner sans frotter puis utiliser une chaleur modérée |
| Démêlage | Commencer par les pointes et remonter progressivement |
| Coiffure | Éviter les tensions, la douleur et les accessoires trop serrés |
| Coloration | Espacer les procédés et éviter les applications sur peau irritée |
| Suivi | Comparer des photographies prises tous les deux ou trois mois |
| Compléments | Vérifier la composition et les doublons avec le pharmacien |
| Traitement local | Respecter la dose et appliquer sur le cuir chevelu sec |
Chapitre 8 — Le conseil du pharmacien
Face à une chute de cheveux, le premier réflexe ne devrait pas être d’acheter immédiatement plusieurs compléments.
Le pharmacien commence par préciser la situation :
- depuis quand la chute a-t-elle commencé ?
- est-elle diffuse ou localisée ?
- existe-t-il des plaques ?
- le cuir chevelu démange-t-il ou fait-il mal ?
- y a-t-il eu une grossesse, une maladie ou une opération ?
- une perte de poids est-elle survenue ?
- les règles sont-elles abondantes ?
- un médicament a-t-il été commencé récemment ?
- existe-t-il des antécédents familiaux ?
Ces questions permettent de déterminer si un conseil officinal est suffisant ou si une consultation est nécessaire.
Ce que le pharmacien peut vérifier
Le pharmacien peut analyser :
- les médicaments susceptibles de contribuer à la chute ;
- les compléments déjà utilisés ;
- les doses cumulées de vitamines et minéraux ;
- les risques d’interaction ;
- la présence de biotine avant une analyse sanguine ;
- les conditions d’utilisation d’un traitement local ;
- les signes justifiant un avis médical.
Il peut également expliquer le délai normal d’action des traitements.
Une amélioration visible demande généralement plusieurs mois. Changer de produit toutes les deux semaines empêche toute évaluation sérieuse.
Bien choisir un complément alimentaire
Lorsqu’un complément paraît pertinent, il faut privilégier une composition lisible et des doses raisonnables.
Il convient d’éviter :
- les cumuls de plusieurs produits similaires ;
- les fortes doses de vitamine A ;
- les apports élevés en sélénium ;
- le zinc fortement dosé pendant une longue période ;
- la biotine à forte dose sans information sur les analyses ;
- les promesses de repousse garantie ;
- les cures prolongées sans réévaluation.
Le prix élevé ne garantit ni l’efficacité ni la qualité scientifique.
Un complément ne doit pas remplacer un bilan lorsque la chute est importante, prolongée ou accompagnée d’autres symptômes.
Conseils pour le minoxidil local
Avant la délivrance, il faut vérifier que la chute correspond à une indication adaptée et qu’il n’existe pas de signe d’alerte.
Le patient doit comprendre que :
- le produit s’applique sur le cuir chevelu ;
- la régularité est essentielle ;
- les résultats sont progressifs ;
- une chute transitoire peut survenir au début ;
- l’effet diminue après l’arrêt ;
- une irritation importante doit être signalée ;
- la dose ne doit pas être augmentée ;
- le contact avec le visage doit être évité.
Il faut également rappeler les précautions en cas de grossesse, d’allaitement, de maladie cardiovasculaire ou de cuir chevelu lésé.
Conseils en cas de chute post-partum
Une chute importante quelques mois après l’accouchement est fréquente et généralement transitoire.
Le pharmacien peut rassurer tout en recherchant des signes pouvant évoquer :
- une anémie ;
- une carence en fer ;
- un trouble thyroïdien ;
- une dénutrition ;
- une fatigue inhabituelle ;
- des saignements importants.
Une alimentation équilibrée et un suivi médical adapté sont plus utiles qu’une accumulation de compléments.
L’allaitement ne doit pas être arrêté uniquement à cause de la chute sans avis médical.
Conseils en cas de cuir chevelu irrité
Lorsque le cuir chevelu est rouge, douloureux, couvert de croûtes ou de pustules, il faut éviter les lotions alcoolisées, les huiles essentielles et les produits fortement parfumés.
Une irritation importante peut réduire la tolérance d’un traitement local et masquer une maladie dermatologique.
Le pharmacien peut orienter rapidement vers le médecin ou le dermatologue lorsque l’aspect n’évoque pas de simples pellicules.
À apporter lors de la consultation
Pour faciliter l’évaluation de votre chute de cheveux, pensez à apporter :
- la liste de vos médicaments et compléments alimentaires ;
- la date approximative de début de la chute ;
- des photographies anciennes et récentes ;
- vos derniers résultats biologiques disponibles ;
- vos éventuels antécédents familiaux ;
- les événements médicaux survenus au cours des six derniers mois.
Chapitre 9 — Idées reçues sur la perte de cheveux : couper les cheveux les fait repousser plus épais
Couper les cheveux améliore parfois l’impression de densité, car les pointes abîmées sont éliminées et les longueurs deviennent plus régulières.
Cependant, la coupe ne modifie pas le follicule situé sous la peau.
Elle ne change ni le nombre de cheveux, ni leur vitesse réelle de croissance, ni le mécanisme d’une alopécie.
Après une coupe, l’extrémité du cheveu est plus nette et peut paraître plus épaisse au toucher. Cet effet est uniquement visuel.
Se raser la tête relance-t-il la pousse ?
Non.
Le rasage coupe la tige au niveau de la peau sans agir sur la racine.
Les cheveux repoussent avec une extrémité droite, ce qui peut donner une sensation plus rêche ou plus épaisse au début.
Leur diamètre réel et leur nombre ne sont pas augmentés.
Les cheveux s’habituent-ils au shampooing ?
Les cheveux ne deviennent pas dépendants d’un shampooing.
Un produit peut sembler moins efficace si l’état du cuir chevelu change, si des résidus s’accumulent ou si les besoins évoluent.
Il n’est pas nécessaire d’alterner systématiquement plusieurs shampooings pour éviter une prétendue accoutumance.
Porter souvent une casquette fait-il tomber les cheveux ?
Une casquette correctement ajustée ne provoque pas une alopécie androgénétique.
Elle peut toutefois irriter le cuir chevelu si elle est très serrée, sale, humide ou portée longtemps dans un contexte de transpiration.
Une pression répétée et importante peut contribuer à une fragilisation locale, mais elle n’explique pas la majorité des pertes de cheveux.
Les pellicules étouffent-elles les cheveux ?
Les follicules ne respirent pas à travers la surface de la peau.
Les pellicules ne les « étouffent » donc pas.
Une dermatite séborrhéique importante peut cependant provoquer une inflammation, des démangeaisons et une chute temporaire liée au grattage.
Le traitement vise alors la maladie du cuir chevelu, et non une prétendue obstruction des racines.
Les shampooings antichute suffisent-ils ?
Un shampooing reste en contact avec le cuir chevelu pendant une courte durée.
Il peut améliorer l’état du cuir chevelu, réduire les squames ou limiter la casse grâce à ses agents conditionneurs.
Il ne suffit généralement pas à traiter une alopécie androgénétique, une pelade ou un effluvium lié à une carence.
Les allégations commerciales doivent donc être interprétées avec prudence.
Plus un produit picote, plus il est efficace
C’est faux.
Les picotements traduisent souvent une irritation et non une stimulation de la pousse.
Une rougeur, une brûlure ou une desquamation importante peut aggraver l’inconfort et conduire à l’arrêt du traitement.
Un soin efficace n’a pas besoin de provoquer une sensation intense.
Les cheveux blancs tombent-ils davantage ?
La couleur du cheveu ne détermine pas directement son risque de chute.
Le blanchiment et l’alopécie peuvent progresser avec l’âge, ce qui explique leur association fréquente.
Un cheveu blanc n’est pas nécessairement plus fragile au niveau du follicule.
La chute saisonnière est toujours normale
Certaines personnes observent une variation saisonnière de la chute, souvent à la fin de l’été ou au début de l’automne.
Cependant, une chute importante, prolongée ou accompagnée d’une diminution visible de densité ne doit pas être attribuée automatiquement à la saison.
Une autre cause peut être présente.
Chapitre 10 — Quand consulter rapidement ?
Une consultation médicale rapide est nécessaire en cas de :
- chute brutale et très importante ;
- apparition rapide de plaques ;
- cuir chevelu douloureux ou brûlant ;
- rougeurs importantes ;
- pustules ou suintements ;
- croûtes épaisses ;
- disparition visible des orifices des follicules ;
- chute des sourcils ou des cils ;
- atteinte des ongles ;
- fièvre ou altération de l’état général ;
- suspicion de teigne chez un enfant ;
- chute après un nouveau médicament indispensable ;
- signes de maladie hormonale ou générale ;
- souffrance psychologique importante.
Quand consulter en urgence ?
Une chute de cheveux isolée constitue rarement une urgence vitale.
Une prise en charge urgente est toutefois nécessaire en cas de réaction allergique sévère après l’application d’un produit, avec :
- gonflement du visage ;
- difficulté à respirer ;
- malaise ;
- urticaire généralisée.
Il faut également demander une aide urgente en cas d’idées suicidaires, notamment chez une personne utilisant ou ayant récemment utilisé un traitement susceptible d’affecter l’humeur.
Quand prendre rendez-vous avec un dermatologue ?
Un avis dermatologique est particulièrement indiqué lorsque :
- le diagnostic reste incertain ;
- la chute se présente en plaques ;
- une alopécie cicatricielle est suspectée ;
- la perte progresse malgré les premières mesures ;
- le cuir chevelu est inflammatoire ;
- une pelade est probable ;
- un traitement spécialisé est envisagé ;
- une biopsie ou une trichoscopie est nécessaire.
Quand un bilan sanguin est-il utile ?
Un bilan biologique peut être pertinent en cas de chute diffuse associée à :
- une fatigue ;
- une pâleur ;
- des règles abondantes ;
- un régime restrictif ;
- une perte de poids ;
- une maladie digestive ;
- des symptômes thyroïdiens ;
- une alimentation végétalienne mal supplémentée ;
- une grossesse récente ;
- une chirurgie bariatrique.
Les analyses doivent être ciblées.
Réaliser de nombreux dosages sans indication peut produire des anomalies mineures difficiles à interpréter et conduire à des traitements inutiles.
✅ À retenir
La perte de cheveux n’est pas une maladie unique.
Elle peut correspondre à un renouvellement physiologique, un effluvium télogène, une alopécie androgénétique, une pelade, une infection, une traction ou une maladie inflammatoire du cuir chevelu.
La forme de la chute oriente le diagnostic :
- diffuse après un événement déclencheur ;
- progressive sur le dessus du crâne ;
- localisée en plaques ;
- associée à une casse ;
- accompagnée d’une inflammation.
Une chute brutale ou prolongée ne doit pas être traitée uniquement avec des vitamines.
Les compléments sont surtout utiles lorsqu’une carence ou un apport insuffisant a été identifié.
Le fer, le zinc, la vitamine D, la vitamine B12 ou les folates ne doivent pas être pris à fortes doses sans indication.
La biotine peut fausser certaines analyses biologiques.
Le minoxidil local peut ralentir une alopécie androgénétique, mais il demande une utilisation régulière pendant plusieurs mois.
Le finastéride peut être proposé à certains hommes après une information claire sur ses risques sexuels et psychiatriques.
Une pelade, une teigne ou une alopécie cicatricielle nécessite une prise en charge médicale spécifique.
Une douleur, une rougeur, des pustules ou la disparition des orifices folliculaires imposent un avis dermatologique rapide.
La repousse est lente.
L’efficacité d’un traitement doit être évaluée sur plusieurs mois avec des photographies standardisées plutôt qu’en observant quotidiennement les cheveux tombés.
👨⚕️ Le mot de la Pharmacie de l’Interco
La chute de cheveux suscite souvent beaucoup d’inquiétude.
Elle pousse parfois à multiplier les cures, les lotions et les remèdes présentés comme naturels sans savoir ce que l’on cherche réellement à traiter.
Notre priorité est de vous aider à comprendre la forme de votre chute et à repérer les situations qui nécessitent un bilan.
Un produit bien choisi peut être utile, mais uniquement lorsqu’il correspond au mécanisme en cause.
À la Pharmacie de l’Interco à Créteil, notre équipe peut vous accompagner pour :
- analyser vos médicaments et compléments ;
- vérifier les doses et les doublons ;
- expliquer l’utilisation d’un traitement local ;
- repérer les signes d’une carence possible ;
- identifier les situations nécessitant une consultation ;
- vous aider à suivre l’évolution de manière objective.
Nous privilégions une approche simple, prudente et fondée sur les données scientifiques.
L’objectif n’est pas de vous promettre une repousse immédiate, mais de vous orienter vers une prise en charge cohérente et adaptée.
Préparer votre bilan chute de cheveux
Avant de demander conseil ou de consulter, pensez à apporter :
- la liste de vos traitements et compléments alimentaires ;
- vos dernières analyses biologiques ;
- quelques photographies anciennes et récentes de votre chevelure ;
- la date approximative de début de la chute ;
- les événements médicaux survenus au cours des derniers mois.
Ces éléments aideront le professionnel de santé à mieux comprendre l’évolution de la chute et à vous orienter plus rapidement.



